Se reconvertir sans revenu, c'est un saut dans le vide que peu de personnes peuvent se permettre. Bonne nouvelle : dans plusieurs situations, il est tout à fait possible de toucher le chômage pendant une reconversion, y compris après une démission. Mais les conditions sont précises, les démarches très encadrées, et l'ordre des étapes ne pardonne pas : une démission posée trop tôt peut vous faire perdre vos droits. Dans cet article, Même Pas Cap! fait le point sur les dispositifs en vigueur, les conditions exactes à remplir et la chronologie à respecter pour sécuriser votre projet.
Depuis 2019, un∙e salarié∙e en CDI peut démissionner pour se reconvertir tout en percevant l'allocation chômage (ARE), via le dispositif dit « démission-reconversion » (ou démissionnaire). C'est une exception au principe selon lequel la démission ne donne pas droit au chômage. Elle est réservée aux projets de reconversion sérieux : suivre une formation ou créer/reprendre une entreprise.
Trois conditions cumulatives s'appliquent. Un : être en CDI de droit privé (les CDD, l'intérim, les indépendant∙es et les agents publics ne sont pas éligibles). Deux : justifier d'au moins 1 300 jours travaillés sur les 60 derniers mois, soit environ 5 ans d'activité salariée continue. Trois : faire valider le caractère « réel et sérieux » de votre projet par Transitions Pro, l'organisme régional compétent, avant toute démission.
L'ordre des démarches est la clé du dispositif. Le non-respect d'une seule étape peut vous priver de vos droits.
Si vous êtes déjà inscrit∙e à France Travail et indemnisé∙e, et que vous entamez une formation dans le cadre de votre reconversion, votre ARE devient l'AREF (allocation d'aide au retour à l'emploi formation). Le montant est identique à votre ARE, avec un minimum de 22,99 € net par jour (montant en vigueur en 2026).
Conditions à remplir : la formation doit durer au moins 40 heures, être inscrite dans votre contrat d'engagement avec France Travail (ou financée en tout ou partie par votre CPF), et être incompatible avec l'exercice simultané d'un emploi. Point de vigilance important : l'AREF est versée dans la limite de vos droits ARE restants. Si votre formation dure 12 mois mais qu'il vous reste 6 mois de droits, il faudra anticiper la suite (rémunération de fin de formation, aides régionales).
Le montant de l'ARE se calcule à partir de votre salaire journalier de référence (SJR), établi sur vos salaires des 24 derniers mois. En pratique, l'allocation représente environ 57 % de votre salaire brut antérieur pour la plupart des salaires moyens, avec des mécanismes de plancher et de plafond. Un point important pour votre budget : l'allocation est versée tous les mois, mais elle démarre après un différé d'indemnisation (7 jours de carence minimum, rallongés si vous avez perçu des indemnités de congés payés ou une indemnité de rupture supérieure au minimum légal).
Avant de poser votre démission, faites une simulation personnalisée sur le site de France Travail : c'est le seul moyen d'avoir un chiffre fiable pour bâtir votre budget de reconversion. Et prévoyez une marge : entre la fin de votre préavis et le premier versement, il peut s'écouler six à huit semaines.
Pour ouvrir des droits, il faut avoir travaillé au moins 6 mois (130 jours ou 910 heures) sur les 24 derniers mois. Depuis avril 2026, les primo-entrant∙es sur le marché du travail peuvent ouvrir des droits dès 5 mois d'activité. La durée maximale d'indemnisation dépend de votre âge à la fin du contrat : 18 mois avant 55 ans, 22,5 mois entre 55 et 56 ans, 27 mois à partir de 57 ans.
Ces règles évoluent régulièrement : avant de bâtir votre plan de financement, vérifiez les conditions en vigueur sur le site de l'Unédic ou directement auprès de votre conseiller∙ère France Travail. Un projet de reconversion se construit sur la règle du moment, pas sur celle de l'an dernier.
Avant d'activer le dispositif démission-reconversion, comparez avec les autres voies. Selon votre situation, elles peuvent être plus avantageuses.
Le nerf de la guerre du dispositif démission-reconversion, c'est le « caractère réel et sérieux » du projet. Et c'est précisément ce qu'un bilan de compétences permet de construire : un projet argumenté, cohérent avec votre parcours, confronté à la réalité du marché. Arriver devant la commission Transitions Pro avec une synthèse de bilan solide augmente sensiblement vos chances de validation. Et si vous hésitez encore entre plusieurs pistes, le bilan vous évite de démissionner pour un projet qui ne vous correspond qu'à moitié.
Même Pas Cap! propose un bilan 100 % en ligne, éligible au CPF, avec un accompagnement assuré par des coachs professionnel∙les. Ce programme s'étend sur 10 semaines et peut se dérouler pendant que vous êtes encore en poste, en toute confidentialité. Testez votre éligibilité dès maintenant.
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